PRESENCE BIO-ENERGETIQUE - La méthode ZenDoKen

N'ÊTRE QU'EN NEGATIF

N'ÊTRE QU'EN NEGATIF

Le Verbe des Choses

La vie est-elle la raison de la vie ? L’argument est-il le corps des raisons ? Sommes-nous au cœur d’une logique de cause à effet ? Quelques centaines d’années avant notre ère, en Orient, eut lieu un débat puissant d’idées.

Débat entre les défenseurs de l’Atman (le Soi - omniprésence) et les défenseurs de l’Anatman (Le Non-Soi, fondement des présences), les premiers représentent la religion officielle de l’Inde, les Brahmanes (qui deviendront l’hindouisme dans notre modernité), les seconds sont les bouddhistes du temps même du Bouddha.

 

La discussion s’avère fort importante, car elle confronte tout autant notre logique moderne occidentale, celle de la raison intrinsèque, de la raison constituante. Un objet, un être, est-il constitué de sa propre raison, est-il sa propre cause ? Littéralement constatée, cette question peut porter à sourire, et conclure aussitôt à un oui. Pourtant elle touche intimement à la santé.

 

… Car chaque chose, chaque être de vie, est confronté, plus qu’à sa propre matière, à la puissance, la diversité, et l’identité des environnements. Pourquoi ne pas concevoir alors, que tout comme l’équilibre de la nature est sauvage, la raison de chaque chose l’investit en tant que réaction à son contexte, tant qu'à sa dite raison ?

 

Deux remarques s’imposent alors.

 

Qui Se Renvoie...

La première, c’est que, s’il en est ainsi, comment un être donné reproduirait-il sa forme (« être en forme »), s’il est avant tout constitué en réaction aux contextes et à sa propre définition ?

 

Nous pourrions répondre que l’homme industrieux, sûr de la raison des choses, n’a façonné qu’un monde de choses sans vie, et qu’à la mesure d’une animation croissante des productions humaines (intelligences artificielles), celles-ci chassent, refoulent l’élément-vie, l’élément-nature, qui lui-même en répond « des-ordres » de façon redoublée.

 

Comprendre peut-être alors que la vie est une instance contradictoire (contraction / extension…) et que si la forme d’un être est son objet « formel », il est d’autant plus consacré que l’incidence de vie y est incisive, à suffisant contre-sens, et y déjoue ainsi tranchées et trames.

 

Qui Se Déjoue...

La deuxième remarque résultante est salutaire: nous ne serions jamais notre propre objet - mais cette peut-être prétention nous dévitaliserait profondément, d’autant d’ailleurs que nous en aurions une cartographie plus précise.

 

Cerner une structure, comme cerner un territoire, serait cesser d’y confronter le Grand Tout, l’inconnu tout simplement, le nutriment le plus essentiel de nos axes de gravité et de croissance.

 

L’extrême définition de notre monde serait donc sa dévitalisation féroce. Restituer la distance, c’est accepter de comprendre les êtres, les éléments, les choses, le devenir « en creux », « en négatif », « en récurrence en cours ».

 

Cela placerait l’Anatman (le Non-Soi) comme la principale vérité bouddhiste, sa grande révolution centrée. Toute existence manifeste n'y résiderait qu'en négatif de la vérité, comme relief alors surgi dans un relief qui le constate, en deça desquels resplendissent gardés paix et liberté. Dans cette logique, la vacuité (Sunya) est un espace de rencontre, un espace rencontré, un espace généreux.